La peur de ne pas avoir assez d’amour pour 2

Lucy à la chasse aux oeufs

Ah, la grossesse et toutes ses questions…

J’entends souvent autour de moi dire que les mamans avaient peur de ne pas aimer leur deuxième enfant autant que le premier. Étrangement ça ne m’avait jamais effleuré l’esprit. Et puis, plus le temps avance et plus je gamberge évidemment !

Comme je le disais ici, je n’imaginais pas du tout Lucy comme elle l’est maintenant. Chaque jour qui passe, je me dis qu’on a de la chance d’avoir une enfant débrouillarde, sage, autonome et relativement calme. Peut-être que le deuxième sera tout le contraire de sa sœur…

Ma fille je l’ai aimée avant même de l’avoir dans mes bras. C’est pareil pour mon futur enfant, je l’aime déjà.

J’aime ma fille de plus en plus de jour en jour car elle a une personnalité que j’apprécie vraiment. Elle a cette façon d’être à la fois timide et attachante qui me gonfle de joie et de fierté. Je suis fière d’elle et de la petite fille qu’elle devient.

Mon angoisse ce n’est pas de ne pas aimer mon prochain enfant, je sais que je l’aimerai aussi fort que sa grande sœur. J’ai peur qu’il soit différent et que je sois moins fière. J’ai peur d’avoir moins de temps pour l’élever comme je l’ai fait avec Lucy. D’avoir moins de patience, parce que c’est si facile pour le moment avec elle, elle m’écoute, elle n’est pas turbulente, elle comprend. Et je sais la chance que j’ai. J’ai peur de ne pas l’avoir une seconde fois.

Mais je sais que je m’adapterai, parce que je sais ce que je veux et je sais surtout ce que je ne veux pas. Je sais qu’il y aura des ratés et je me les autoriserai.

Est-ce qu’on préfère un de ses enfants quand ils sont différents ou bien est-ce qu’on les aime juste différemment ?

Vous êtes-vous posée ces questions-là quand vous attendiez votre deuxième enfant ?

Est-ce qu’on passe toutes par ce genre de questions ou est-ce que pour certaines d’entre-vous ça a toujours été évident ? L’arrivée du second enfant a-t-elle levé les doutes immédiatement ou est-ce venu plus tard ?

C’est toujours un plaisir de parler de tout ça avec vous, j’adore ce partage d’expérience !

Mes principes de Maman #3 – La fessée

Enfant pense

Quand je suis née, mes parents avaient presque 40 ans. Je suis tombée comme un cheveux sur la soupe alors qu’on ne m’attendait pas. Pour ma mère, c’était comme une bouée de sauvetage. Pour mon père, je ne sais pas trop. Ce n’est pas une génération qui nous sépare mais bien deux. Et au moins autant de façons de penser différentes. Par contre, jamais aucun des deux n’a un jour levé la main sur moi. Pour autant, j’ai toujours été très sage et je n’aurais pas osé me comporter autrement qu’à carreaux. Mais parmi d’autres reproches, j’ai plusieurs fois entendu de la part de mon père que c’était de ma faute s’ils s’étaient séparés, et ça, ça fait bien plus mal que toutes les fessées de la Terre !

J’estime quand même avoir été élevée « à la dure ». A coups de « fais pas ci, fais pas ça, tiens-toi bien, ne fais pas trop de bruit, fais-toi un peu oublier, là c’est bien ». Même si les deux punitions que j’ai reçues dans ma jeunesse se résument aux deux situations ci-dessous, je savais que je n’avais pas trop intérêt à faire un pas de travers, sinon j’allais le regretter d’une façon ou d’une autre. Mais il y a des choses qui nous marquent…

Un jour, ma mère m’a mise au coin parce que j’avais dit un mot qui me semblait anodin (et qui l’était après réflexion). A regarder le mur et à ne pas bouger, sans m’expliquer en quoi ce mot était à bannir. Puis ma mère est partie faire une course. Quand elle est rentrée, j’étais toujours dans la même position, je n’avais pas osé broncher. Je ne sais pas combien de temps s’était écoulé mais il me semble avoir attendu longtemps ! Je n’ai toujours pas compris l’intérêt.

Une autre fois, j’avais poussé mon oncle à bout et je me suis ramassée une claque sur les fesses. J’ai bien remarqué qu’il avait tapé fort, aussi fort que toute la colère que j’avais fait monter. Et je n’ai ressenti qu’une envie d’y aller encore plus fort, moi aussi. Pas calmée pour un sou, j’ai surtout été bien déçue de lui, au moins autant qu’il avait été déçu de moi. Je l’aimais un peu moins, j’ai installé une distance. Le genre d’instants qu’on n’oublie pas et dont on garde un arrière goût amer.

Dans les deux situations, au final, ils n’ont pas eu l’effet escompté, puisque je n’ai pas compris tout de suite (et même pas du tout pour la première) les conséquences de ce que j’avais dit ou fait.

Pour Lucy, la question ne s’est jamais posée entre son père et moi. On ne lève pas la main sur elle. C’est tout.

Mais au-delà de la violence physique, ce qui me blesse le plus, c’est la violence et la manipulation psychologique qui peut découler de la façon dont on décide de punir son enfant. Évidemment, on ne s’en rend pas compte quand on a 5 ou 8 ans… Et parfois (souvent?), les parents ne s’en rendent jamais compte non plus. Mais quand on grandit et qu’on devient à son tour parent, on se revoit plus jeune et on se rappelle de toutes les erreurs de nos parents, toutes les choses que l’on ne veut jamais reproduire.

A choisir, j’aurais préféré que les miens choisissent la fessée.

Évidemment, je ne fais pas l’apologie de ce genre de pratiques, la preuve en est que je ne serais jamais capable de lever la main sur ma fille. Mais parfois, on veut punir son enfant pour une bêtise qu’il a faite, on pense bien faire pour lui enseigner ce qui est mal. Mais en dehors de la punition, le plus important ça reste la discussion. Qu’on ne vienne pas me dire qu’un enfant a intégré qu’il a fait une bêtise et quelles en sont les conséquences si notre réaction n’a été que de le mettre au coin ou de lui mettre une claque sur les fesses. Un enfant a besoin qu’on lui prouve par A+B que ce qu’il a fait n’était pas bien et le mettre en situation. Et pour ça, il faut lui parler ! Et lui en parler 20 fois si c’est nécessaire, parce que je pense que la punition ne suffit pas, surtout pour les jeunes enfants.

Il y a deux situations que j’ai vécues récemment avec Lucy qui me viennent à l’esprit  :

La première était un après-midi où on était chez ma sœur. Lucy a fait un geste violent qui a fait mal à sa tante. Je lui ai demandé de dire pardon et elle n’a pas voulu. Pour la première fois, elle est allée au coin. Évidemment elle a pleuré. Je l’ai laissée pleurer une minute avant de revenir vers elle en lui expliquant qu’elle avait fait mal et que j’avais l’impression que c’était ce qu’elle avait voulu faire, que ce n’était pas bien. Je la mettais aussi dans la situation inverse en lui faisant comprendre que si c’était à elle qu’on avait fait mal, elle serait triste aussi et elle voudrait qu’on lui demande pardon. Rien n’y faisait, elle ne se calmait pas. Je ne comprenais pas pourquoi, ça ne lui ressemblait pas. Et puis, j’ai compris. Je suis retournée la voir (elle était toujours au coin) et je lui ai dit que ma sœur l’aimait encore même si elle lui avait fait mal. Elle s’est calmée instantanément et elle est allée s’excuser ! Elle a cru que sa tante n’allait plus l’aimer après ce qu’elle avait fait et elle avait peur, tout simplement. Ce n’était pas la punition physique du coin qui l’avait blessée, mais le fait qu’elle ait cru que ma sœur l’avait rejetée. Même sans le vouloir, on peut blesser un enfant…

La deuxième situation s’est déroulée le week-end passé. Lucy dessinait tranquillement, c’est une de ses activités favorites. Moi, j’étais en train de préparer le souper. Je l’appelle pour manger, elle vient, la journée se termine tranquillement jusqu’au coucher. En redescendant, mon regard est instantanément attiré vers le mur proche de son bureau : elle l’avait repeint aux marqueurs ! Mon premier réflexe aurait été de l’engueuler, coup de chance pour elle, elle était au lit. Du coup, j’ai réfléchi, et dans le fond, qu’est-ce qu’elle en sait que ce n’est pas bien de dessiner sur le mur ?! J’ai essayé de frotter tout de suite, et heureusement tout est parti. Mais je voulais quand même qu’elle comprenne, du coup à son réveil le lendemain, je lui demande si la veille elle n’avait pas fait une bêtise… Son regard s’est posé sur le mur (propre du coup) mais elle n’a jamais voulu cracher le morceau. Donc elle se doutait quand même que c’était une bêtise. Mais bon, pour cette fois, je ne l’ai pas engueulée, je lui ai expliqué qu’on ne pouvait pas faire ça. Maintenant, à chaque fois qu’elle prend un marqueur elle me dit « sur le papier, pas sur le mur hein maman ? ». Je pense qu’elle a compris. Si elle le refaisait, là par contre, elle serait punie, après avoir tout nettoyé elle-même !

En fait, c’est bien difficile pour un parent de trouver un juste milieu, il faut faire preuve d’imagination, d’empathie et se remettre en question (pour ceux qui en prennent le temps…). Enfin, c’est mon avis encore une fois. Il n’y a pas de punition idéale j’imagine, et le coin n’est peut-être pas mieux que la fessée, chaque enfant réagit différemment après tout. Mais le dialogue est le plus important pour que l’enfant comprenne ce qu’il a fait, le mettre en situation, lui expliquer les choses, lui faire se poser des questions, c’est ça qui fera la différence selon moi.

Et vous, comment réagissez-vous face aux bêtises de vos enfants ?