De tes nouvelles – Agnès Ledig

Couverture "de tes nouvelles" Agnès Ledig

« Anna-Nina, pétillante et légère, est une petite fille en forme de trait d’union. Entre Eric, son père, et Valentine, qui les a accueillis quelques mois plus tôt un soir d’orage et de détresse. Maintenant qu’Eric et Anna-Nina sont revenus chez Valentine, une famille se construit jour après jour, au rythme des saisons. Un grain de sable pourrait cependant enrayer les rouages de cet avenir harmonieux et longtemps désiré. »

Agnès Ledig est clairement dans le top 3 de mes auteurs préférés. Je n’ai jamais vraiment été déçue par un de ses livres, par contre, quand j’en ouvre un, j’ouvre en même temps une boite de mouchoirs car je sais que je vais être bouleversée. J’avais aimé suivre le destin d’Eric, Valentine et Anna-Nina dans « On regrettera plus tard », l’histoire était touchante et pleine de bons sentiments. Nous les retrouvons ici tous les 3 quelques mois plus tard.

J’ai beaucoup aimé ce roman, mais c’est celui que j’aime le moins. On passe un bon moment de lecture, certes, mais je m’attendais à être transportée bien au-delà de ce que je l’ai été… J’ai trouvé l’histoire quelque peu banale, même s’il y a quelques rebondissements, je ne cernais pas vraiment d’intrigue. On suit le quotidien d’un groupe de personnes plus différentes et attachantes les unes que les autres mais ça s’arrête là. Je n’ai pas sorti les mouchoirs finalement, et peut-être que c’était de ça que j’avais envie en fait ! Malgré tout, difficile de quitter tous ces joyeux lurons et j’en suis ressortie avec comme une envie d’encore.

Ça reste quand même une histoire très agréable, un feel-good book comme on en a parfois besoin. La plume d’Agnès Ledig est belle et fluide, j’aime toujours autant. C’est un roman que je recommande pour se détendre mais pas pour se faire balader d’émotion en émotion comme elle nous y a habitués.

De tes nouvelles d’Agnès Ledig, publié chez Albin Michel – 352 pages – 19,80 €

 

En attendant Bojangles – Olivier Bourdeaut

En attendant Bojangles couverture

« Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur «Mr. Bojangles» de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis. Celle qui mène le bal, c’est la mère, imprévisible et extravagante. Elle n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères. Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.

L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom. »

Comment vous dire que ce livre, je le voyais partout, j’ai entendu 100 fois des personnes le louer. Le rapport nombre de pages/prix me retenait clairement et puis j’ai lu une énième chronique positive et j’ai craqué. J’ai bien fait.

C’est un roman plutôt original où se mêlent à merveilles amour et folie sous une plume magnifique. Des personnages exubérants, amoureux fous qui n’en font qu’à leur tête. Quand soudain tout s’effondre et on assiste impuissants à l’effondrement de ce trio si attachant…

Je m’attendais à une histoire légère, drôle, je me suis retrouvée face à un roman drôlement tragique. J’en suis ressortie émue et nostalgique de cette époque pas si lointaine où on se laisse emporter dans la valse folle de la désormais célèbre chanson de Nina Simone que j’ai pu découvrir grâce à ce livre.

J’ai adoré les passages où on découvre des extraits du journal du père, quelle plume, quelle poésie… Ces passages-là se dégustent lentement. Nous faire découvrir ces personnages sous l’œil attendrissant de leur fils, c’était une très bonne idée de la part d’Olivier Bourdeaut, c’est ce qui donne une tout autre dimension à cet ouvrage.

Un roman décalé, rocambolesque et tendre à découvrir de tout urgence.

En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut, publié aux éditions Finitude – 160 pages – 15,50 €

Un doux pardon – Lori Nelson Spielman

Couverture un doux pardon Spielman

« Il suffit parfois d’une simple pierre pour faire basculer le destin. Une simple pierre ou plutôt deux, arrivées par la poste. Hannah Farr, animatrice télé en plein flottement tant professionnel qu’amoureux, se trouve ainsi face à un choix. Renvoyer l’une de ces pierres à celle qui la martyrisa enfant, c’est lui accorder son pardon. Mais à qui adresser la seconde, censée perpétuer la chaîne ? S’il est facile de pardonner, demander des excuses peut à jamais changer le cours d’une vie… »

J’ai tellement entendu de bien sur ce livre que je voulais absolument le découvrir. Je me le suis procuré pour ensuite le laisser dans ma PAL tout ce temps. Quand j’ai vu le coup de cœur qu’avait eu un de mes contacts pour ce roman, je me suis enfin décidée à le sortir. Je m’attendais à un chef d’œuvre tant j’avais entendu d’éloges. Et puis, comme c’est souvent le cas quand j’en attends trop, j’ai été déçue.

C’est une jolie histoire, mais je la trouve somme toute un peu banale. L’idée des pierres du pardon est originale bien sûr, mais à part ça, c’est un peu plat. Il faut dire aussi que j’ai eu beaucoup de mal avec l’écriture que j’ai trouvée monotone… Et avec le personnage principal également. Je ne me suis pas du tout attachée à Hannah, j’ai eu à plusieurs reprises envie de lui mettre des claques pour la réveiller, elle ne se rend compte de rien, je l’ai trouvée molle, naïve et complètement lunatique.

Le dernier point qui m’a déçue, c’est de ne pas avoir eu de réponses à toutes les questions qu’on rencontre au fur et à mesure de la lecture. J’ai trouvé dommage qu’on nous laisse dans le flou alors que ça me semblait important pour le dénouement de l’histoire et les conclusions de connaitre certains détails.

Un roman un peu trop dégoulinant de bonnes intentions à mon goût, j’aurais aimé un peu plus d’inattendu, de rebondissements. Il m’aurait bien plu comme lecture de plage mais je m’attendais à quelque chose de plus profond. J’ai quand même passé un bon moment de lecture mais les 450 pages (et les longueurs qui allaient avec) seront bien vite oubliées.

Un doux pardon de Lori Nelson SPIELMAN, publié aux éditions Pocket – 448 pages – 8€

Danser au bord de l’abîme – Grégoire Delacourt

Danser au bord de l'abîme couverture

« Emma, quarante ans, mariée, trois enfants, heureuse, croise le regard d’un homme dans une brasserie. Aussitôt, elle sait. »

Et oui, encore un livre de Grégoire Delacourt ! Malgré que ses livres ne soient pas des coups de cœur, j’adore sa plume et quand j’ai vu qu’il sortait un nouveau roman, j’ai été curieuse et puis le résumé a fini de me convaincre. Aussitôt acheté, aussitôt dévoré…

Ses mots sont décidément magnifiques. J’aurais aimé prendre le temps de noter toutes ces phrases si poétiques qui résonnaient en moi mais j’avais trop envie de connaitre le fin mot de l’histoire. Et puis, je crois que j’aurais au moins recopié la moitié du roman tant les mots choisis sont justes et beaux.

Le livre se découpe en plusieurs parties. J’ai adoré la première, un chouilla moins les autres et j’ai été déçue par la fin que j’aurais préféré un peu plus dramatique (jamais contente !). L’auteur a parfaitement su se mettre dans la peau d’une femme pour exprimer ses sentiments et sensations, c’est obsédant.

Je n’ai pas trop envie de vous parler de l’histoire car j’ai aimé me laisser surprendre. C’est « simplement » l’histoire d’une femme qui tombe amoureuse d’un inconnu et à partir de ce moment, sa vie va littéralement basculer. Emmanuelle a tout pour être heureuse et se demande si elle prendrait le risque immense de l’être encore plus. Elle veut se sentir vivante.

L’histoire est régulièrement mise en parallèle avec celle de la chèvre de Monsieur Seguin que j’ai aimé découvrir. Selon moi, c’est une très belle idée qui permet de rythmer le livre.

Encore une fois ce n’est pas un coup de cœur mais j’ai retrouvé la mélancolie et la finesse de l’écriture de Delacourt et rien que pour ça j’ai adoré ce roman. J’ai retrouvé quelques soupçons de mes auteurs préférés : un peu d’Agnès Ledig, un peu d’Agnès Martin Lugand peut-être même aussi un peu de Gavalda.

Une histoire d’amour, des histoires d’amours, d’amitié, de famille, la vie, la mort, après la mort, avant la mort, pendant la vie… Ce livre nous pousse à nous remettre en questions et à profiter de la vie tant qu’elle est là. Et pour ça et pour la plume subjuguante de Grégoire Delacourt, je vous le recommande.

Danser au bord de l’abîme de Grégoire Delacourt, publié aux éditions JC Lattès – 360 pages – 19€

L’écrivain de la famille – Grégoire Delacourt

L'écrivain de la famille Delacourt couverture

« À sept ans, Édouard écrit son premier poème, quatre rimes pauvres qui vont le porter aux nues et faire de lui l’écrivain de la famille. Mais le destin que les autres vous choisissent n’est jamais tout à fait le bon … »

J’ai beaucoup aimé la plume de Grégoire Delacourt dans son roman « la liste de mes envies », j’avais envie de le découvrir sous un autre angle. Nous sommes ici face à un roman en partie auto-biographique où l’auteur nous parle du mal qu’on peut avoir à s’extirper des carrières dont les autres rêvent pour nous. Sa famille misait tellement sur son talent d’écrivain qu’il s’y est énormément attaché, pour le bon comme pour le mauvais.

Je ressors mitigée de ma lecture, pour plusieurs raisons. La première (qui est souvent présente dans les romans auto-biographiques), c’est que j’ai eu l’impression de faire preuve de voyeurisme dans la vie de l’auteur, ça me mettait même parfois mal à l’aise, j’avais l’impression que tout ça ne me regardait pas. La deuxième raison est mon âge. L’auteur décortique son ouvrage par décennie et fait beaucoup de références par rapport à ça, il y en a certaines que je n’ai pas pu apprécier car ce n’est pas de mon époque. Je pense que je n’appréhendais pas ce roman de la bonne façon, j’aurais dû me renseigner d’avantage.

Malgré tout, ce livre m’a émue aux larmes et j’ai trouvé la fin magnifique. J’ai beaucoup aimé les références musicales également.

Ces histoires de famille sont belles, tristes et poignantes à la fois mais abordées de façon un peu crue et pessimiste, ce qui donne une atmosphère particulière à la lecture. La plume de Grégoire Delacourt n’est pas banale et reste très belle à mes yeux. Ses phrases sont percutantes, courtes, il n’y a pas de fioritures, il va droit au but.

J’ai aimé la répartition du roman en petits chapitres, la lecture est fluide, rapide et agréable. C’est toujours beau de voir un homme s’ouvrir et parler de ses émotions.

En conclusion, je dirais que ce livre n’est pas à lire si vous avez le moral au plus bas. Néanmoins, si vous le commencez, allez jusqu’au bout car ça en vaut la peine ! Ce n’est pas le roman de l’auteur que je conseillerais de lire en premier, faites-vous plutôt une idée de son style avec « la liste de mes envies ».

L’écrivain de la famille de Grégoire Delacourt, publié chez Le livre de Poche – 240 pages – 7,10 €