Se laisser submerger par les émotions, c’est bien aussi parfois

En temps « normal » (comprendre quand je ne suis pas enceinte 😉 ) je suis quelqu’un d’assez sensible. Ou plutôt d’empathique, je vais vite être blessée si les gens que j’apprécie ne vont pas bien. Là, en fin de grossesse, je me rends compte que je suis hyper sensible. Un bête truc qui ne m’atteindrait pas habituellement peut me submerger de tristesse ou de colère. Et là où c’est encore pire, c’est quand l’entourage ne comprend pas : « Pourquoi tu te mets dans cet état pour un truc pareil ? »

Enfant colère

Et pourquoi pas en fait ?!

On a parfois juste besoin de se décharger de toutes ces émotions qu’on garde en nous pour tous ces trucs qui n’en valent pas la peine mais qui, malgré nous, nous touchent quand même.

Pour la petite histoire, hier, j’ai craqué. Pour quelque chose qui peut sembler terriblement bête (mais qui, avec le recul, ne l’est pas tellement selon moi), je me suis énervée, j’ai tergiversé dans mon lit pendant bien trop longtemps et puis, je me suis isolée et j’ai pleuré. Jusqu’à ce que je n’en ai plus envie. Hé bien, ça m’a fait du bien de pleurer pour cette petite bêtise. Bon, je me rends compte que ce n’était que la goutte d’eau, que je pleurais aussi parce que, même si j’essaie de faire semblant que non, je stresse pour ce deuxième bébé qui arrive (et pour qui, j’ai l’impression que rien n’est prêt). Je stresse qu’on ne lui trouve pas de prénom qui nous plaise vraiment à tous les 2, je m’énerve parce que c’est moi qui dois penser à tout préparer, je me braque parce qu’en face de moi c’est l’incompréhension, que malgré moi j’ai peur de l’accouchement… Pour toutes ces petites choses qui me suivent au quotidien. Alors quand je demande de l’aide pour un truc qui prend 10 secondes et qu’on oublie, ça rajoute une couche à tout ça et ça déborde.

Donc il nous arrive de craquer oui, mais plus à cause de l’accumulation que pour la chose qui va, à première vue, provoquer l’explosion…

L’important pour moi, c’est de se rendre compte que ça va arriver, c’est d’en parler, c’est de s’isoler et de se décharger comme on en ressent le besoin (pleurer, crier dans un coussin, aller courir, écrire…). Après, on pourra de nouveau faire face, plus serein (jusqu’à la prochaine fois).

Je pense qu’on a le droit d’être triste ou en colère parfois. On est bienveillant envers nos enfants, on veut leur donner une éducation positive… Et si on était tout aussi bienveillant avec nous-mêmes ? Si, comme les enfants, on avait besoin de taper une grosse colère de temps en temps pour retrouver notre équilibre ? Je pense que c’est nécessaire pour nous aussi et qu’il ne faut pas culpabiliser.

Lettre à l’ado que j’étais

Moi ado
Moi de 16-17 ans !

Chère moi,

C’est ta vieille toi de 27 ans qui te parle… Qui fait un bond 10 ans en arrière et qui voudrait te donner quelques conseils.

Conseil n° 1, apprends à t’aimer toi-même. Les autres, même les plus proches, ne cesseront jamais de te faire des reproches, « t’es trop ceci, trop cela, ah ça, tu devrais pas, fais plutôt comme ça blablabla ». Fais des erreurs et plante-toi, n’aies pas peur de ça, c’est comme ça qu’on apprend ! Tu n’es pas trop grosse, c’est à force d’écouter tous ces gros c*ns qui t’ont toujours appréciée mais qui n’ont jamais su comment te le dire que tu vas t’arrondir, parce que pour toi t’es déjà un boudin alors un peu plus de chocolat, ça n’y changera rien. Ah mais si, en fait… Tu plais, ce n’est pas pour rien.

Et puis, essaie d’être un peu moins râleuse, arrête de parler sur les gens, surtout sur le dos de ceux qui tiennent à toi. Et choisis bien les gens que tu veux garder dans ta vie, parce que là, 10 ans plus tard, y a plus personne ou presque. C’est aussi un peu de ta faute, pour garder les gens près de soi, il faut faire des concessions. N’aie pas peur de le faire, même si c’est toujours à toi de faire le premier pas, si tu tiens à la personne, fais-le et ne la laisse pas filer.

N’aie pas peur de vouloir rester seule parfois, ça fait partie de toi, c’est ce qui te ressource. Alors, accorde-toi des moments pour réfléchir et surtout pour écrire. C’est ça qui te fait avancer, c’est de poser des mots sur ta vie. N’aie jamais honte de tes rêves. Entraîne-toi à pouvoir les réaliser, donne-toi les moyens !

Et lis, car ça te fait plaisir. Ce n’est pas une perte de temps, ça rempli ta tête de jolis mots et de belles histoires. C’est aussi un peu ton moteur.

Sois honnête avec les autres. Si tu aimes quelqu’un, dis-le lui, toujours. Tu l’auras fait pour toi, dire à quelqu’un qu’on l’aime ou simplement lui faire un compliment, ça ne fait jamais de mal, bien au contraire. Et apprends à accepter ceux que l’on te fait aussi, sans les minimiser, les autres ont autant de mal que toi à te les faire.

Choisis bien les personnes avec qui tu veux passer du temps. Retiens les personnes qui te créeront des souvenir et surtout qui te feront découvrir le monde, leur monde.

N’aie pas peur de quitter ce mec, tu sais très bien qu’il n’est pas fait pour toi. Il te fera vivre de jolies choses, mais ne te force pas… C’est un con, ce qu’il a fait, il le refera. Quitte-le et vis l’adolescence dont tu rêves avec d’autres. Ne mets pas tes amis de côté.

Tu sais bien que tu n’as pas eu de chance dans la vie jusqu’ici, mais laisse le passé derrière toi, arrête de pleurer, ça n’arrangera rien. Essaie de voir le positif un peu, y’a que toi qui peux te bouger les fesses pour changer les choses dans ta vie maintenant.

Tu verras, tu y arriveras à déployer tes ailes, à être la femme indépendante que tu rêves d’être. Les problèmes, tu les régleras un à un.

Tu seras maman jeune, avec Lui, celui qui fait vraiment battre ton cœur depuis tes 15 ans. Tu le sentais que ça allait arriver. Aujourd’hui, tu en es là et tu te poses encore tout autant de questions. Tu continues de te dire, « on verra plus tard ». Réfléchis à ce que tu veux vraiment. Pose-toi les bonnes questions, apprends à savoir ce que tu veux faire de ta vie.

N’écoute personne te dire ce que tu dois faire de ta vie. Ne fais pas ces études, tu vas le regretter. Renseigne-toi, sur ce que toi tu veux (c’est aider les autres que tu veux faire, alors être secrétaire, c’est pas forcément le meilleur choix…). Même si les cours sont sympas, au final, ça n’en vaudra pas la peine. Fais ce qui te passionne. Tu es jeune, tu verras où ça te mène, il sera toujours temps de changer en cours de route. Et n’aie surtout pas peur d’admettre tes échecs, sers t’en comme d’une force. Tu te relèveras toujours.

Dis ce que tu penses, quand tu le penses, même si tu as peur de la façon dont l’autre va le prendre. Aujourd’hui tu regrettes de ne pas avoir eu le courage d’aller vers les autres quand ils en avaient besoin, juste par peur de ce qu’ils allaient penser. C’est tellement dommage. Fais-le pour toi et vis pour ne pas avoir de regrets. C’est ce qu’il y a de pire !

Tant que tu restes toi-même et que tu te poses les bonnes questions, tout ira bien… Et dans 10 ans, même si tu ne changes rien, tu seras fière de toi et c’est bien là le principal.

Mère et fille