Etre maman jeune : le syndrome de l’imposteur ?

Main de bébé

Je suis tombée enceinte de Lucy à 23 ans, pas par accident, même si ça a été plus vite que prévu, elle était vraiment voulue, de tout au fond de notre cœur à tous les 2. C’est arrivé un peu comme une pulsion, un besoin viscéral, avoir un enfant, un enfant de lui, c’était le bon moment.

On aurait pu rêver mieux comme situation : nous vivions dans un appartement avec une seule chambre, mon chéri travaillait en intérim… Tout le monde nous disait d’attendre, on leur disait qu’ils avaient raison, qu’on allait quand même pas faire un bébé maintenant. Et puis en y réfléchissant bien, notre situation était tout de même stable, nous étions prêts à faire des concessions s’il le fallait, nous avions la place pour accueillir un petit bout de nous, on s’est lancé sans pression et notre petite fille est arrivée 9 mois plus tard.

Le bonheur total.

Enfin presque. Elle avait des coliques, H24 7/7, j’étais la plupart du temps seule à la maison et parfois, je craquais, je pleurais, je ne me sentais pas à la hauteur. J’avais l’impression de redevenir un bébé et d’avoir moi aussi besoin de ma maman: « il est où le mode d’emploi, j’ai dû sauter une étape, je suis pas prête » ! J’essayais d’en parler autour de moi et j’avais cette impression que les mamans qui étaient déjà passées par là, me prenaient pour la débutante. Celle qui ne sait pas, qui devrait faire comme ceci ou comme ça. Parce qu’elles, elles savaient, elles avaient déjà vécu et puis elles sont plus âgées, ça change tout. Elles sont plus « matures ».

Et parce que moi, je ne voulais pas laisser pleurer ma fille, que même si c’était dur, que je savais que j’allais avoir des moments où j’aurais envie de baisser les bras, je ne voulais pas les écouter leurs conseils auxquels je ne croyais pas et essuyer leurs critiques quand je ne les suivais pas.

J’ai eu l’impression d’avoir parfois simplement besoin qu’on me prenne au sérieux, qu’on me dise que c’est normal, que ça arrive à tout le monde, quel que soit l’âge, de douter quand on entre dans ce rôle de maman. Au final, je n’avais pas envie ni besoin de conseils, j’avais simplement besoin d’être rassurée. Qu’on me dise que ça allait passer.

Avec le recul, je suis fière d’avoir conservé mon intuition, de ne pas avoir laissé pleurer ma fille, de l’avoir portée à bout de bras à en avoir des crampes, pendant des heures, d’avoir fait des kilomètres dans cet appartement, juste pour la soulager. J’ai géré. Même si j’ai parfois pleuré, j’ai tenu bon, j’ai fait les choses selon mes convictions.

Je n’avais pas raté d’étape, je n’étais plus le bébé que je vois dans les yeux des plus vieux. J’étais Maman, il me fallait juste un peu de temps pour le comprendre, pour m’en rendre compte, pour que tout cela devienne naturel, concret, que j’arrête de croire que ce n’était qu’un rêve.

Je n’avais pas besoin que les gens essayent de prendre les choses en main à ma place, j’avais besoin qu’on me considère comme une mère, qu’on m’en croie capable tout simplement et qu’on me le dise.

J’ai parfois eu l’impression que c’était plus simple pour les autres, les mamans plus âgées, celles qui ont de l’expérience. Je ne pense pas que ce soit vrai, il y a juste les mamans qui en parlent et celles qui n’en parlent pas. Chacune a ses difficultés, à son niveau.

Je ne pense pas que j’y aurais échappé si j’avais eu ma fille 5 ans plus tard, ou après 30 ans. C’est pas toujours rose d’être maman, c’est pas faute d’avoir été prévenue par les autres. En général, on entend pendant 9 mois qu’on ne dormira plus après, qu’on ne vivra que de couches et de biberons, de vomi et de morve au nez. Oui, il y aura de ça. Il y aura des petits et grands challenges qui nous révéleront, il y aura plein de progrès, plein de fierté, des câlins, des bisous, du sniffage de petit cou, des yeux pleins d’étoiles et mille autres choses qui vous feront oublier tous ces petits traces. Et puis c’est pas si terrible, puisqu’on recommence, n’est-ce pas ? 🙂

Il n’y a pas d’âge pour être une bonne maman. Il y a des mamans jeunes qui sont formidables, il y a des mamans sur le tard qui le sont moins et réciproquement. C’est les enfants qui nous font grandir dans ce rôle.

C’est un article brouillon, un article en vrac pour exprimer des choses qui me reviennent, à quelques jours de devenir Maman pour la seconde fois. J’y vais sereinement cette fois, je sais que ce sera difficile parfois, je ne demanderai plus de conseils aux autres. Je suivrai mon intuition, je sais que je ferai sans doute face à des difficultés différentes, mais cette fois, je me ferai confiance.

Grossesse et ambivalence de sentiments

Pour cette seconde grossesse, j’ai un peu de mal avec mes sentiments, mes ressentis. Des jours, je me sens heureuse, d’autres j’ai vraiment du mal, je me sens triste et bloquée dans mon quotidien.

Mer agitée

Il faut dire que ces dernières semaines n’ont pas été de tout repos : j’ai eu un accident de voiture (le 1er en 7 ans de conduite…). L’accrochage n’était rien de grave, pas de blessé, que du matériel. Sur le coup, j’étais assez fière de moi d’avoir bien géré la situation sans stresser. Sauf que j’étais en tort et que forcément, ça complique un peu les choses. J’étais assurée en omnium, tout aurait dû bien rouler (jeu de mots foireux inside) sauf que plus d’un mois plus tard, je ne suis toujours pas indemnisée et que j’ai un peu l’impression que mon assureur cherche la petite bête. Et quand je croyais que tout était réglé, je reçois encore un courrier pour une convocation… Je ne sais pas comment ça va finir mais j’espère vraiment être indemnisée, sinon les prochaines semaines et les prochains mois vont être compliqués…

Oui, parce que j’ai besoin de bosser et que pour bosser j’ai besoin d’une voiture. Que pour racheter une voiture, j’ai dû apurer le prêt de ma voiture qui a été déclassée. Qu’il me restait un an à payer et que du coup ça représente une petite somme.

Que pour pouvoir payer les mensualités de ma nouvelle voiture, j’ai dû mettre un acompte. Et que j’ai dû revoir mes aspiration de la voiture de mes rêves et saisir la bonne affaire quand elle s’est présentée. Et que tout l’argent que je m’étais forcée de mettre de côté pour les travaux est parti en fumée et que donc, ma salle de bain n’est pas prête d’être refaite (et j’en peux plus de me laver à l’évier !).

J’ai dû prendre mon mal en patience ces derniers temps et faire face à un nombre incalculable de paperasse administrative. Que j’ai dû passer un nombre indécent de coups de fil (et que j’ai un peu la phobie du téléphone). J’ai dû faire face à tout ça en étant enceinte et fatiguée. Ça a engendré beaucoup de stress, même si j’ai voulu me persuader du contraire.

D’un autre côté, je suis fière de moi, d’avoir tout réglé seule et sans procrastiner. Il y a quelques années de cela j’aurais vraiment eu beaucoup de mal et j’aurais sans doute demandé de l’aide. Là, j’ai pris mes responsabilités.

Je me suis un peu découragée quand on m’a annoncé la somme mensuelle que je paierais en assurance, pour un petit accident de rien du tout. Je comprends que tant de personnes roulent sans être assurées en Belgique !

Je partais aussi du principe que les assureurs ont l’habitude de devoir gérer des accrochages et qu’il ne me faudrait pas sans cesse réexpliquer les choses (et me croire parfois dans une caméra cachée tant leurs réponses étaient WTF) ni courir après des réponses et des délais.

J’espère être au bout du tunnel car je reçois ma nouvelle voiture demain et que ce sera une bonne chose de réglée. J’espère que la convocation de l’assureur ne sera qu’une formalité…

Je commence aussi à stresser de l’arrivée du bébé, j’en suis à plus de la moitié de la grossesse et ça devient de plus en plus concret. J’ai un peu peur des finances quand il ira à la crèche.

Je suis un peu révoltée à vrai dire. Je n’ai pas pu signer le prêt de l’achat de ma voiture seule, mon conjoint a dû signer avec moi. Je n’ai pas pu modifier le contrat que j’ai dû garder chez mon ancien assureur sans faire intervenir ma mère. Bref, j’ai un CDI et une bonne situation financière depuis 6 ans mais le système m’empêche de ne pouvoir compter que sur moi et c’est bête mais ça m’énerve !

On a 2 CDI dans notre ménage, les fins de mois sont parfois chaotiques et ça me révolte, ce n’est pas normal. On n’est pas parti en vacances en 6 ans, on est propriétaires d’une maison plus que modeste où tout nous lâche pièce après pièce, appareil après appareil. Je ne comprends pas comment font les gens de notre âge pour avoir de belles voitures, des grandes maisons, partir au soleil plusieurs fois par an. Je ne les jalouse pas (dans le sens où ce n’est pas ce dont je rêve) mais je me demande s’ils ont un secret (héritage, maman et papa, ??).

En fait, j’avais commencé à écrire cet article parce qu’hier j’ai craqué et j’ai fondu en larmes quand mon homme m’a demandé si ça allait, et je n’ai pas su lui dire pourquoi.

Mais je viens de comprendre en écrivant, que je suis encore aujourd’hui dans l’incertitude de récupérer le moindre euros à cause d’une inattention d’une demi seconde et que ça risque de compliquer le quotidien de ma famille ; que je suis en colère contre le système d’assurance et les primes exorbitantes qu’on est obligé de payer si on veut être serein ; que j’ai envie de préparer la venue de bébé mais que sans argent ça va être un peu compliqué ; que la charge mentale est plus que jamais présente sur mes épaules et que je ne peux (et « ne veux », dans le fond) rien y changer.

Bref, je me plains peut-être pour des broutilles et je suis bien consciente qu’il y a des choses 1000 fois plus importantes dans la vie (même s’il reste d’autres choses qui me tracassent dans ma vie et qui sont elles aussi bien plus importantes…) mais j’avais besoin de ça je pense pour y voir clair. Parfois ça fait du bien de juste poser des mots sur un quotidien difficile…