J’ai toujours cette musique dans la tête – Agnès Martin-Lugand

J'ai toujours cette musique dans la tête couverture

Yanis et Véra ont la petite quarantaine et tout pour être heureux. Ils s’aiment comme au premier jour et sont les parents de trois magnifiques enfants. Seulement voilà, Yanis, talentueux autodidacte dans le bâtiment, vit de plus en plus mal sa collaboration avec Luc, le frère architecte de Véra, qui est aussi pragmatique et prudent que lui est créatif et entreprenant. La rupture est consommée lorsque Luc refuse LE chantier que Yanis attendait. Poussé par sa femme et financé par Tristan, un client providentiel qui ne jure que par lui, Yanis se lance à son compte, enfin.

Mais la vie qui semblait devenir un rêve éveillé va soudain prendre une tournure plus sombre. Yanis saura-t-il échapper à une spirale infernale sans emporter Véra ? Son couple résistera-t-il aux ambitions de leur entourage ?

Agnès Martin Lugand est une de mes autrices préférées et j’attendais ce nouveau roman avec une grande impatience. Peut-être trop, peut-être ai-je placé la barre trop haut après mon coup de coeur pour « Désolée, je suis attendue« . J’ai aimé ce roman, mais j’ai eu du mal à le lire, à rester dedans. J’ai lu les 200 dernières pages d’une traite, plus pour en avoir fini avec cette histoire que pour en connaitre le dénouement. Tout au long du livre, je me suis dit qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas et j’avais une idée de la fin dès les premières lignes, alors j’ai voulu croire que j’avais vu faux et que les rebondissements ne seraient pas ceux que j’attendais. Malheureusement, ce fut le cas.

Malgré tout, l’histoire reste prenante, on entre un peu dans le thriller psychologique et c’est bien mené. J’aime toujours autant la plume d’Agnès M-L, la façon dont elle dépeint ses personnages est juste fabuleuse. Elle nous fait toujours découvrir des personnages hauts en couleurs et auxquels on s’identifie rapidement.

Un roman que vous pourrez quand même adorer si vous aimez les jolies histoires d’amour et familiales, les romans à suspense et les histoires réelles.

En conclusion, ce n’est pas le livre de cette autrice que je préfère, mais je le recommande néanmoins car mon avis est personnel et je dois avouer que l’histoire peut plaire à un grand nombre. Par contre, si vous voulez découvrir Agnès Martin Lugand, évitez de commencer par celui-ci, car les autres sont des petites merveilles un ou deux crans au-dessus de celui-ci, selon moi.

J’ai toujours cette musique dans la tête d’Agnès Martin-Lugand, publié aux éditions Michel Lafon – 360 pages – 18,95 €

De tes nouvelles – Agnès Ledig

Couverture "de tes nouvelles" Agnès Ledig

« Anna-Nina, pétillante et légère, est une petite fille en forme de trait d’union. Entre Eric, son père, et Valentine, qui les a accueillis quelques mois plus tôt un soir d’orage et de détresse. Maintenant qu’Eric et Anna-Nina sont revenus chez Valentine, une famille se construit jour après jour, au rythme des saisons. Un grain de sable pourrait cependant enrayer les rouages de cet avenir harmonieux et longtemps désiré. »

Agnès Ledig est clairement dans le top 3 de mes auteurs préférés. Je n’ai jamais vraiment été déçue par un de ses livres, par contre, quand j’en ouvre un, j’ouvre en même temps une boite de mouchoirs car je sais que je vais être bouleversée. J’avais aimé suivre le destin d’Eric, Valentine et Anna-Nina dans « On regrettera plus tard », l’histoire était touchante et pleine de bons sentiments. Nous les retrouvons ici tous les 3 quelques mois plus tard.

J’ai beaucoup aimé ce roman, mais c’est celui que j’aime le moins. On passe un bon moment de lecture, certes, mais je m’attendais à être transportée bien au-delà de ce que je l’ai été… J’ai trouvé l’histoire quelque peu banale, même s’il y a quelques rebondissements, je ne cernais pas vraiment d’intrigue. On suit le quotidien d’un groupe de personnes plus différentes et attachantes les unes que les autres mais ça s’arrête là. Je n’ai pas sorti les mouchoirs finalement, et peut-être que c’était de ça que j’avais envie en fait ! Malgré tout, difficile de quitter tous ces joyeux lurons et j’en suis ressortie avec comme une envie d’encore.

Ça reste quand même une histoire très agréable, un feel-good book comme on en a parfois besoin. La plume d’Agnès Ledig est belle et fluide, j’aime toujours autant. C’est un roman que je recommande pour se détendre mais pas pour se faire balader d’émotion en émotion comme elle nous y a habitués.

De tes nouvelles d’Agnès Ledig, publié chez Albin Michel – 352 pages – 19,80 €

 

En attendant Bojangles – Olivier Bourdeaut

En attendant Bojangles couverture

« Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur «Mr. Bojangles» de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis. Celle qui mène le bal, c’est la mère, imprévisible et extravagante. Elle n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères. Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.

L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom. »

Comment vous dire que ce livre, je le voyais partout, j’ai entendu 100 fois des personnes le louer. Le rapport nombre de pages/prix me retenait clairement et puis j’ai lu une énième chronique positive et j’ai craqué. J’ai bien fait.

C’est un roman plutôt original où se mêlent à merveilles amour et folie sous une plume magnifique. Des personnages exubérants, amoureux fous qui n’en font qu’à leur tête. Quand soudain tout s’effondre et on assiste impuissants à l’effondrement de ce trio si attachant…

Je m’attendais à une histoire légère, drôle, je me suis retrouvée face à un roman drôlement tragique. J’en suis ressortie émue et nostalgique de cette époque pas si lointaine où on se laisse emporter dans la valse folle de la désormais célèbre chanson de Nina Simone que j’ai pu découvrir grâce à ce livre.

J’ai adoré les passages où on découvre des extraits du journal du père, quelle plume, quelle poésie… Ces passages-là se dégustent lentement. Nous faire découvrir ces personnages sous l’œil attendrissant de leur fils, c’était une très bonne idée de la part d’Olivier Bourdeaut, c’est ce qui donne une tout autre dimension à cet ouvrage.

Un roman décalé, rocambolesque et tendre à découvrir de tout urgence.

En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut, publié aux éditions Finitude – 160 pages – 15,50 €

A la place du cœur – Arnaud Cathrine

Couverture à la place du coeur

Ce soir, Caumes a 17 ans et attend le déluge. Il ne sait qu’une chose : à la fin de l’année, il quittera sa ville natale pour rejoindre son frère aîné à Paris. Paris, la ville rêvée. Ce soir, Caumes a 17 ans et attend aussi le miracle qui, à son grand étonnement, survient : Esther – sujet de tous ses fantasmes – se décide enfin à lui adresser plus de trois mots, à le regarder droit dans les yeux et à laisser deviner un « plus si affinités »… Nous sommes le mardi 6 janvier 2015 et le monde de Caumes bascule : le premier amour s’annonce et la perspective obsédante de la « première fois ». Sauf que le lendemain, c’est la France qui bascule à son tour : deux terroristes forcent l’entrée du journal Charlie Hebdo et font onze victimes… À la place du cœur, c’est ça : une semaine, jour après jour, et quasiment heure par heure, à vivre une passion sauvageonne et exaltante ; mais une semaine également rivée sur les écrans à tenter de mesurer l’horreur à l’œuvre, à tenter de ne pas confondre l’information en flux continu avec un thriller télé de plus. Comment l’amour (qui, par définition, postule que « le monde peut bien s’écrouler ») cohabite-t-il avec la mort en marche ? Comment faire tenir ça dans un seul corps, dans une seule conscience ? Comment respirer à fond le parfum de la fille qu’on aime et comprendre, dans le même temps, que le monde qui nous attend est à terre ?

Avec « A la place du cœur », Arnaud Cathrine a su magner plusieurs sujets différents, les faire se rencontrer et en faire quelque chose de beau. Tout le monde se souvient des attentats survenus à Paris en 2015, tout le monde les a vécus différemment et c’est le point de vue de Caumes que l’on va découvrir ici. Caumes débute une histoire d’amour au même moment que surviennent les attentats et cela va susciter une multitude de questionnements en lui.

C’est beau parce que c’est instinctif, simple et à la fois tellement poignant… Pas de pathos, pas trop dans le débat, mais plutôt dans les faits et puis, chacun a son avis… On retombe dans notre adolescence et nos premiers amours le temps de 250 pages, à son âge à peu près, je vivais les attentats du World Trade Center et je me posais les mêmes questions. Comment ne pas s’y retrouver ? J’ai hâte de connaitre la suite, car le roman se termine sur un événement marquant et je suis curieuse de savoir comment Caumes va réagir.

Un roman que je conseille de mettre entre les mains de tous les ados, et aussi des adultes, pour se rendre compte que les jeunes aussi se sentent concernés et sont touchés de plein fouet par ce genre d’événements dramatiques.

A la place du coeur d’Arnaud Cathrine publié chez Hugo Roman, dans la collection R – 252 pages – 16 €

Danser au bord de l’abîme – Grégoire Delacourt

Danser au bord de l'abîme couverture

« Emma, quarante ans, mariée, trois enfants, heureuse, croise le regard d’un homme dans une brasserie. Aussitôt, elle sait. »

Et oui, encore un livre de Grégoire Delacourt ! Malgré que ses livres ne soient pas des coups de cœur, j’adore sa plume et quand j’ai vu qu’il sortait un nouveau roman, j’ai été curieuse et puis le résumé a fini de me convaincre. Aussitôt acheté, aussitôt dévoré…

Ses mots sont décidément magnifiques. J’aurais aimé prendre le temps de noter toutes ces phrases si poétiques qui résonnaient en moi mais j’avais trop envie de connaitre le fin mot de l’histoire. Et puis, je crois que j’aurais au moins recopié la moitié du roman tant les mots choisis sont justes et beaux.

Le livre se découpe en plusieurs parties. J’ai adoré la première, un chouilla moins les autres et j’ai été déçue par la fin que j’aurais préféré un peu plus dramatique (jamais contente !). L’auteur a parfaitement su se mettre dans la peau d’une femme pour exprimer ses sentiments et sensations, c’est obsédant.

Je n’ai pas trop envie de vous parler de l’histoire car j’ai aimé me laisser surprendre. C’est « simplement » l’histoire d’une femme qui tombe amoureuse d’un inconnu et à partir de ce moment, sa vie va littéralement basculer. Emmanuelle a tout pour être heureuse et se demande si elle prendrait le risque immense de l’être encore plus. Elle veut se sentir vivante.

L’histoire est régulièrement mise en parallèle avec celle de la chèvre de Monsieur Seguin que j’ai aimé découvrir. Selon moi, c’est une très belle idée qui permet de rythmer le livre.

Encore une fois ce n’est pas un coup de cœur mais j’ai retrouvé la mélancolie et la finesse de l’écriture de Delacourt et rien que pour ça j’ai adoré ce roman. J’ai retrouvé quelques soupçons de mes auteurs préférés : un peu d’Agnès Ledig, un peu d’Agnès Martin Lugand peut-être même aussi un peu de Gavalda.

Une histoire d’amour, des histoires d’amours, d’amitié, de famille, la vie, la mort, après la mort, avant la mort, pendant la vie… Ce livre nous pousse à nous remettre en questions et à profiter de la vie tant qu’elle est là. Et pour ça et pour la plume subjuguante de Grégoire Delacourt, je vous le recommande.

Danser au bord de l’abîme de Grégoire Delacourt, publié aux éditions JC Lattès – 360 pages – 19€