La délicatesse du homard – Laure Manel

Couverture la délicatesse du homard

Résumé

« François, directeur d’un centre équestre en Bretagne, découvre, lors d’une promenade à cheval sur la plage, une jeune femme inconsciente au pied d’un rocher. Plutôt que d’appeler les secours, il décide sans trop savoir pourquoi de la ramener chez lui pour la soigner. À son réveil, l’inconnue paraît en bonne santé, mais peu encline à parler. Elle déclare s’appeler Elsa mais refuse de répondre à tout autre question. Commence alors entre le célibataire endurci et cette âme à vif une étrange cohabitation, où chacun se dévoile peu à peu à l’autre sans pour autant totalement révéler les secrets qui le rongent. Et même si le duo en s’apprivoisant s’apaise, leur carapace peine à se fendre… Qui est Elsa et quelle vie est-elle en train de fuir ? »

Mon avis

J’ai commencé ce livre suite aux commentaires élogieux que j’en avais lus. Puis, je l’ai abandonné car je n’accrochais absolument pas à ce début d’histoire. Il traînait là dans ma bibliothèque et c’est pour pouvoir le ranger dans les livres lus que je l’ai emmené avec moi pour patienter pendant le cours de ping-pong de Lucy. Et puis, je ne l’ai plus lâché.

C’est un roman à deux voix où s’enchaînent les chapitres du point de vue des deux personnages. Je dois être sincère : Elsa m’a horripilée parfois. Mais j’ai adoré François ! C’est le genre de personnes qu’on aimerait mettre sur notre route à nous aussi. Lui, simple, honnête et franc. Elle, torturée au possible, indécise et qui s’auto-flagelle à longueur de pages.

Pourtant, j’ai fini par les aimer tous les deux (toujours en ayant parfois envie de mettre des claques à Elsa ^^). On s’attache à eux au fur et à mesure qu’on apprend leur histoire, leur passé douloureux qui les a amenés où ils sont aujourd’hui. C’est très touchant finalement. Et d’un livre au début difficile à lire, il est devenu un page turner impossible à lâcher. Je voulais connaitre tous leurs secrets !

Dans ce roman, on assiste simplement à la rencontre de deux êtres que la vie a malmenés. Leur relation qui se forme, qui s’étiole, leurs points communs, leurs différences. C’est beau, c’est tendre autant que c’est dur et triste.

J’ai beaucoup aimé la plume de Laure Manel, j’ai retenu beaucoup de jolies phrases et des mots très bien choisis. J’ai aimé les chapitres courts et l’alternance de point de vue. De nouveau l’histoire se passe en Bretagne, et tout comme quand j’ai lu « Les yeux couleur de pluie », ce livre m’a fait voyager dans une région qui m’attire de plus en plus.

En conclusion, un joli mélange d’amitié, de romance, de drames et de suspense qui vaut la peine d’être découvert. Mais comme tous les livres qui rencontrent un tel engouement, il ne faut pas non plus s’attendre à un chef-d’œuvre, sous peine d’être peut-être un peu déçu !

Citations

« Depuis presque sept ans, je navigue entre des femmes comme un bateau qui va d’ile en île pour faire escale. Seulement escale. Tout en évitant les récifs. »

« Il faut faire table rase du passé et se concentrer sur le présent, avant même d’envisager un avenir. La seconde qui suit chaque seconde est déjà l’avenir, et tu le tisses sans même t’en rendre compte. »

« J’ai un cœur de rien du tout, qui ne sait que souffrir, et qui n’en peut plus. J’avance vers la plage. Il y a des rochers, mais pas de falaises, pas de quoi se jeter pour en finir vraiment. Je m’effondre sur le sable, et pleure comme la dernière des nulles. Je me sens au bord du même gouffre que celui de mes seize ans, dans la même fragilité indicible que celle qui a baigné mon adolescence. J’ai trente-deux ans maintenant, mais rien n’a changé, parce que tout s’est arrêté à ce moment-là et que, depuis, je n’ai jamais su vivre, je n’ai jamais su aimer, être aimée. Je me sens plongée dans un néant profond. Je ne suis rien… pour quiconque, et ce depuis toujours. Je ne compte pas. Je n’ai jamais compté, je n’étais pas assez, ou bien j’étais trop… mais jamais comme il l’aurait fallu. Jamais. Je suis au monde, mais je ne suis rien. J’existe, mais je ne vis rien. Et là, ici, dans cet univers reculé où j’ai choisi d’échouer, je suis, encore une fois, une moins que rien, celle qu’on ne retient pas, qui ne compte pas. Invisible, aussi inutile et transparente que l’écume foulée par les sabots d’un cheval. »

La délicatesse du homard de Laure Manel, publié aux éditions Le livre de poche – 352 pages – 7,70€

Cyrielle

4 réflexions au sujet de « La délicatesse du homard – Laure Manel »

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